Livre d'Or
Bibliographie
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| La 94th Infantery Division américaine prend part à l'encerclement |
| Les fantassins américains prennent leurs positions |
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La division, commandée par le Major-General Harry J. Malony, arrive face à la Poche de Lorient le 9 septembre 1944, remplaçant la 6th Armored Division. Son secteur est étendu à la Poche de Saint-Nazaire le 15 par un ordre du Lieutenant-General William H. Simpson, chef de la IXth US Army. Le commandement de la Nantes Task Force, qui prend place face à Saint-Nazaire, est donné au Brigadier-General Henry B. Cheadle, Assistant Division Commander. La 94th I.D. va donc aussi se placer face à la Poche de Saint-Nazaire, en remplacement de la 83rd I.D. qui était restée assez loin du front. Cette division reprenait des forces après avoir mené la dure libération de Saint-Malo...
Le Colonel Harold H. McClune rapporte que le 331st Infantry Regiment de la 83rd Division est effectivement remplacée par la 376th I.R. de la 94th Division le 17 septembre 1944 à 9h du matin.
Le régiment subit ses premières pertes humaines le soir même à Blain, premier village situé hors de la Poche côté américain, dans la nuit du 17 septembre. Les Allemands du Kampfgruppe Brodowski lancent sur la voie ferrée en pente un wagon bourré de munitions, ce dernier doit exploser dans les lignes ennemies. Une première petite explosion fait sortir le wagon des rails juste avant Blain, il continue sa route et explose violemment dans la zone où la Company K était stationnée. Le Private John T. Miller est tué dans l'explosion et de nombreux soldats sont blessés.
Sur le front de la Poche de Saint-Nazaire la 94th I.D. tient un front d’environ 35 km. Les lignes s'étendent au sud entre le Temple de Bretagne, en passant par Fay-de-Bretagne et Blain, jusqu'au noeud routier de la forêt du Gavre au nord. A cause de l'étendue du secteur à protéger le 331st I.R. de la 83rd Division avait organisé les villages du Temple, de Fay-de-Bretagne et de Blain en centres de résistance...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Coopération avec l'armée française |
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Les forces américaines essaient de travailler main dans la main avec les troupes F.F.I. malgré la barrière de la langue et le fait que les officiers français ne sont pas tellement habitués aux méthodes de l'armée américaine. C'est le 94th Reconnaissance Troop qui se charge des liaisons avec les F.F.I., et, grâce à l'aide du I&R Platoon du 302nd Infantry (commandé par le Captain Scott C. Ashton), du secteur situé entre les fronts de Lorient et Saint-Nazaire.
De nombreuses armes légères sont données aux troupes françaises, ce qui permet d'harmoniser l'armement des bataillons F.F.I. Grâce à la 94th I.D., sur le front de Lorient deux batteries d'artillerie sont formées, la batterie Leroy armée de quatre 105 mm allemands et la batterie Finistère armée de 155 mm Schneider. Sur le front de Saint-Nazaire deux batteries supplémentaires vont être formées par un cadre du 919th Field Artillery Battalion, le 1st Lieutenant John Holley. Elles seront armées de canons américains de 3-inch (76,2 mm), ce sont les Dog et Fox Batteries, constituées à partir de volontaires de différents battaillons F.F.I. de Loire-Inférieure...
Le 2 octobre 1944, le Colonel Earl C. Bergquist, chef d'état major de la division, tient une conférence à Châteaubriant avec les représentants des forces françaises qui contiennent les Poches de Lorient et de Saint-Nazaire. Cette conférence, la première de toute une série, permet d'améliorer les relations avec les Français et d'augmenter l’efficacité de la coopération. Lors de ces réunions sont discutés les méthodes d'opération, les stationnements des troupes ainsi que les problèmes d'approvisionnement...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| La mise en place d’une forte artillerie |
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Secteur nord : deux batteries américaines couvrent l’une le sous-secteur de Fégréac, l’autre le sous-secteur de Plessé. Une des deux batteries du sous-secteur de Plessé, de 4x76,2 mm, est servie par du personnel français, il s'agit de la Fox Battery, commandée par le lieutenant Doumerc. Elle dépend du 688th Field Artillery Battalion.
Secteur sud : les deux groupes d’artillerie appuient de leurs feux les bataillons français du Temple de Bretagne et de Saint-Etienne-de-Montluc :
Appui des quartiers autour du Temple, PC le chêne des Ferrières, Major Caviness :
- deux batteries de 4x105 mm (codées Baken et Able) du 919th F.A.B.
- une batterie de 4x112 mm (codée Able) du 199th F.A.B.
Appui des quartiers St-Thomas-Lavallais-La Bézardais, PC moulin de la Gargouillère, Captain Lyon :
- une batterie de 4x105 mm aux ordres du Captain Lyon (codée Charlie) du 919th F.A.B.
- une batterie de 4x76,2 mm (codée Dog), servie par du personnel français, sous les ordres du lieutenant Lasserre.
Les deux batteries servies par du personnel français ont été mises en place par le chef d'escadron Poupet, capitaine d'active. A la mi-octobre l'artillerie divisionnaire prend possession de nouvelles armes, des lance-roquettes multiples T-27 de 4,5 inch. Chaque T-27 est composé de 10 rangées de 8 lance-roquettes, déclenchés électriquement, montés sur camion de 2,5 tonnes...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Les civils français victimes des bombardements américains |
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En effet les principales victimes des tirs d’artillerie américains vont être les villageois français qui habitent les communes limitrophes à l’intérieur de la Poche de Saint-Nazaire.
Les premiers obus tombent sur Guenrouët le 8 septembre 1944, c’est l‘église qui est visée. Tout comme les églises, les moulins sont des cibles de choix. A partir de fin septembre les bombardements sont quasi quotidiens sur les bourgs de Guenrouët, Bouvron et Malville et dans une moindre mesure Notre-Dame-de-Grâce et Quilly. La mairie de Guenrouët déménage le 10 octobre. Le clocher de Bouvron tombe le 18 novembre, à ce moment la ville de Guenrouët est à moitié détruite.
Les empochés ont vite appris à détester l’avion de reconnaissance américain qu’ils surnomment « le mouchard » et dont la présence annonce toujours une salve d’obus à venir. Les habitants des villages situés à l’intérieur de la Poche en limite du front doivent déménager plus à l’intérieur pour se mettre à l’abri. Pour les réfugiés nazairiens dont la ville a été rasée par l’aviation anglo-américaine causant 479 morts, c’est la deuxième évacuation. Les civils sont dégoûtés et ne comprennent pas du tout la raison de ces bombardements par les Américains des villages français, d’autant que les Allemands qui ont des abris ne semblent pas touchés. Ils se plaignent « Pauvres pochards que nous sommes » et pestent contre les artilleurs situés en face du canal de Nantes à Brest...
Près de vingt cinq mille obus vont tomber sur Guenrouët et trente mille sur Bouvron, causant la mort respectivement de 2 et 26 victimes parmi les civils. Les bombardements américains font aussi 13 morts à Malville et 5 à Notre-Dame-de-Grâce. Une inscription gravée à la main dans la pierre du clocher de l’église de Malville rappelle « en souvenir de la fin de l’ex-Poche de Saint-Nazaire et de ces sal… d’Américains qui n’ont pas arrêté de lancer des obus sur la pauvre commune de Malville du 8 octobre 1944 au 8 mai 1945 ». Sur les vitraux de la nouvelle église de Guenrouët, il est écrit « Ils ont tapé sur mon dos comme sur une enclume, 8 septembre 1944 – 8 mai 1945 ».
En plus des dégâts causés par les bombardements américains qui ont détruit le clocher de leur église et une partie de leur village, les Guérinois paient cher l’attente de la libération. Après avoir fait sauter leur pont début août, fin novembre les Allemands détruisent la Chapelle Saint-Clair en face du canal, pensant que les F.F.I. l’utilisent. Le 10 janvier 1945 le château de Carheil, où se succèdaient dans la cave des patrouilles des deux camps, est détruit par le feu. Il semblerait que des soldats français aient lancé des grenades incendiaires croyant être attaqués…
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Alignement du front et patrouilles |
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Le secteur confié à la 94th I.D. est très large, et son commandant le Major-General Malony, a reçu des ordres stricts : pour l'infanterie de ne pas entreprendre une grande action offensive et pour l’artillerie de rationner les munitions. Il décide de mettre l'accent sur les patrouilles combinées avec l'artillerie. Près de 634 missions de patrouille seront effectuées par le seul 376th I.R. entre septembre et décembre 1944.
La 94th I.D. passe sous le contrôle du 12th US Army Group, commandé par le Lieutenant-General Omar N. Bradley, à minuit le 8 octobre 1944. Le contact est maintenu avec le 12th US Army Group dirigé à Verdun, grâce au téléphone, à la radio et aux officiers de liaison.
Entre le 23 et le 28 octobre 1944 des accords sont convenus avec les Allemands afin d'évacuer des civils bloqués dans la Poche de Saint-Nazaire. Les horaires d'armistice sont le matin entre 7 et 9 heures et l'après-midi entre 15 et 19 heures. Les Allemands prennent dans les premiers jours l'habitude de déclencher un feu d'enfer juste après la fin des horaires d'armistice. Les Américains font très vite de même. La récupération de civils « ex-empochés » permet au service G-2 d'obtenir des renseignements importants...
Pour faire face à l'inactivité menaçante dans son secteur, le Major-General Malony fait auprès des autorités du 12th US Army Group plusieurs demandes pour réaliser des missions plus audacieuses. Ses requêtes sont refusées. Une seule attaque importante est concédée sur le front de Lorient durant la nuit du 7 au 8 décembre 1944.
La 94th I.D. reste en alerte dès qu'elle apprend le 16 décembre 1944 l'offensive des Ardennes de Von Rundstedt. Le moment du départ approche, elle apprend son remplacement par la 66th Infantry Division le 21 décembre 1944. Trois jours plus tard le Major-General Hermann F. Kramer, commandant la 66th I.D. arrive à Châteaubriant pour apprécier la situation.
A partir du 26 décembre les troupes de la 66th I.D. commencent à remplacer celles de la 94th mais la totalité des troupes ne sera présente qu'après son départ. Le contrôle des Poches de Lorient et Saint-Nazaire passe à la 66th I.D. le 31 décembre à 21h07. Lors de sa présence en Bretagne la 94th I.D. a perdu 100 hommes et déplore 618 blessés.
( "L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus) | |
| Un échange de prisonniers devant Pornic |
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Depuis le début du mois de novembre, Andrew G. Hodges, Division Red Cross Field Director, porte assistance aux prisonniers alliés de la Poche. Les Allemands le laissent traverser les lignes de la Poche avec sa jeep surmontée d’un drapeau à croix rouge. Il peut ainsi ravitailler les prisonniers américains, anglais et français en livres, cigarettes et articles de toilette. Après sa quatrième journée derrière les lignes allemandes, Hodges fait remarquer à plusieurs officiers allemands qu'il n'aurait pas à faire tant de voyages si un échange de prisonniers pouvait être fait. Lors de sa visite du lendemain il est informé que le commandement allemand est d'accord. Côté américain, le Colonel Bergquist, chef d'état-major et le Major-General Malony, commandant de la division acceptent aussi la proposition.
Le premier échange, bien que les négociations aient eu lieu à Saint-Nazaire, se passe à Lorient le 17 novembre 1944. Il est convenu d'échanger 71 soldats de même rang et avec des conditions physiques équivalentes. Les volontaires allemands pour rejoindre leurs lignes sont choisis parmi 5000 prisonniers allemands gardés dans le camp de Rennes.
Le 22 novembre 1944, Hodges négocie un second échange de prisonniers pour la Poche de Saint-Nazaire. Hodges traverse les lignes à Chauvé sur sa jeep surmontée d'un drapeau à croix rouge. Il est pris en charge par un lieutenant allemand qui lui bande les yeux et conduit la jeep près de la côte. De là, tous les deux montent dans une vedette de la Kriegsmarine jusqu'à Saint-Nazaire...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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