L'épopée du Grand Blockhaus depuis le D-Day jusqu'à la Libération
La Percée du Général Patton et le déplacement de l'artillerie lourde
 
Au moment du Débarquement en juin 1944 les canons de 30,5 cm sont encore en cours d'usinage en Allemagne, ils ne seront jamais livrés à Batz-sur-Mer. Les artilleurs de marine apprennent par la radio et les journaux ce qu'ils appellent « l'invasion » en Normandie. Ils suivent début août 1944 l'irrésistible percée de Patton en Bretagne... Quand ils se retrouvent à la mi-août encerclés dans la Poche de Saint-Nazaire, le front le plus proche, au-delà de la Vilaine, est encore à une trentaine de kilomètres de la batterie ! Le danger maintenant ne vient plus de la mer mais de l'arrière. La présence des deux canons de 24 cm à Kermoisan n'étant plus nécessaire, une des deux pièces sur voie ferrée est détachée au commandant de l'artillerie de la forteresse. Profitant du fait que les voies ferrées dans la Poche sont toujours intactes, la pièce sur rail va y circuler et jouer un rôle dans les combats qui s'y déroulent.

("Guide souvenir Le Grand Blockhaus - Musée de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
 
 
 
Du repli à Pontchâteau des canons sur rail à la Reddition
 
La nouvelle base de repli du canon est le tunnel de Pontchâteau, situé dans la carrière de Grénébo. Des emplacements de tir lui sont aménagés à Campbon et Besné, le canon peut aussi tirer à partir de la sortie de la gare de Savenay. C’est d’ailleurs là qu’il sera retrouvé à la Libération. La pièce d'origine française aura bombardé les lignes françaises et américaines qui contiennent la Poche jusqu'au 6 mai 1945. Historiquement, ce canon sur rail est le dernier canon de l’artillerie lourde sur voie ferrée française à avoir tiré pendant la deuxième guerre ! Entre le 8 mai 1945, date de la signature de la reddition de la poche de Saint-Nazaire, et le 11 mai 1945, jour de l'entrée des troupes alliées dans la Poche, les marins de la 4. /M.A.A. 280 cantonnés à Batz-sur-Mer prennent la direction de leur camp de prisonniers, le parc pionnier situé près de la gare.

("Guide souvenir Le Grand Blockhaus - Musée de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
 
 
 
Neutralisation, pillage, démantèlement et déminage
 
Tandis que le bourg de Batz-sur-Mer est libéré, le Poste de Direction de Tir est pris en charge par les soldats français du 4e Régiment de Fusiliers Marins qui retirent ce qu'ils peuvent utiliser, notamment les six canons de D.C.A. français de 75 mm. Après leur départ, le blockhaus est pillé par la population civile qui récupère tout ce qui peut être utile : mobilier, tapis, boiseries, électricité, plomberie, rampes d'escalier... Tout ce qui ne peut être emporté sera détruit, seul le coffre-fort en béton de près de 300 kilos qui était au sous-sol reste en place. Dès le 12 mai 1945, le télémètre français de 4 mètres est abîmé, la population met le toit en bois factice par terre pour récupérer les matériaux qui le composent. Dans les mois qui suivent des prisonniers allemands ainsi que des munitions sont gardés dans le PDT par les fusiliers marins du 4e R.F.M. Sous le contrôle de cadres français, jusqu'en octobre 1945, les prisonniers allemands démantèlent toutes les batteries. Les matériels récupérés sont regroupés à la gare de La Baule avant de partir vers des centres de stockage. 1500 prisonniers allemands, conformément aux prescriptions du protocole de la reddition de la Poche, effectuent aussi le déminage de la région.

("Guide souvenir Le Grand Blockhaus - Musée de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)