Livre d'Or
Bibliographie
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| Les F.F.I. prennent position autour de la Poche |
| Les volontaires de la Loire-inférieure, les premiers en place |
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Le général de division Marie Koenig a pris le 1er juin 1944 la tête de toutes les Forces Françaises de l’Intérieur. Celles de Bretagne sont commandés par le colonel Eon, chef de la mission « Aloès » qui est l’organe de liaison français avec les forces américaines. Le colonel Eon nomme le lieutenant-colonel Jacques Chombard de Lauwe, alias Félix, Commandant Militaire Départemental des F.F.I. de Loire-Inférieure le 4 août 1944. Ce dernier, qui établit son PC à Châteaubriant, est chargé de commander les unités qui vont être mises sur pied dans le département. Une partie des membres des bataillons de Loire-Inférieure provient du maquis de Saffré, démantelé le 28 juin 1944.
Les volontaires du département sont les premiers à se porter sur le front de la Poche. Ils sont surnommés « Les va-nu-pieds superbes ». Six bataillons sont formés et vont prendre place dans le secteur nord de la Loire...
...Le 5e Bataillon F.F.I. de Loire-Inférieure
Le capitaine Alain Grangeat, ingénieur et officier de réserve, a mis sur pied depuis juillet un état-major à La Morhonnière pour la formation du 5e Bataillon F.F.I. Il est secondé par le capitaine Victor Gonin, alias Gavroche, spécialement chargé du recrutement. Ce dernier lui apporte ses groupes de la Résistance et du maquis sud-Loire. La majorité des hommes du 5e Bataillon proviennent de la ville de Nantes. Le 12 août 1944 deux compagnies sont déjà constituées : la compagnie du capitaine Le Nué et la compagnie du capitaine Maisonneuve. Le bataillon se regroupe dans le secteur de Saint-Etienne-de-Montluc début septembre, où se trouvait déjà une partie de l’unité...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Manque d'effectifs pour une guerre de position qui s'installe |
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Les volontaires des bataillons de la Loire-Inférieure ne sont pas assez nombreux pour tenir seuls l’ensemble du front de la Poche de Saint-Nazaire face aux importantes forces allemandes. Jusqu’à mi-septembre les 1er, 2e, 3e et 5e bataillons sont surtout organisés en points d’appui indépendants autour des principaux bourgs. Les principaux combats dus aux incursions allemandes ont donc lieu de mi-août à mi-septembre, avec pratiquement des pertes françaises tous les jours. A noter les importantes attaques allemandes vers Blain le 27 août 1944 et jusqu’au bourg de Plessé début septembre.
Ces bataillons vont avoir la lourde tâche de tenir le front le temps que des renforts d’autres départements arrivent ainsi que les troupes américaines de la 94th Infantry Division qui prendront place le 17 septembre 1944. Ce n’est qu’avec l’avancement des lignes le 2 octobre devant la RN 164 dans le secteur de Plessé que le front devient vraiment continu au nord de la Loire. Après cette date les fantassins vont construire des casemates et des lignes de défense plus solides. La guerre de position va commencer...
A cette liste de bataillons d’infanterie qui prennent place au nord de la Loire s’ajoute le 1er Groupement Mobile de Reconnaissance (1er G.M.R.) commandé par le lieutenant Guy Besnier, ingénieur et officier de réserve. Cette unité, constituée à partir de volontaires de Châteaubriant récupère des automitrailleuses Panhard à Nantes et divers moyens de locomotion. Elle est la première unité présente au sud de la Loire face aux Allemands à la fin du mois d’août 1944. Dans ce secteur il faudra attendre l’arrivée de renforts du 1er Groupement Mobile F.F.I. et l’appui des bataillons Vendéens pour qu’une première ligne de front soit mise en place fin septembre, ligne avancée et consolidée le 10 décembre 1944.
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Les F.F.I. du Morbihan défendent la rive droite de la Vilaine |
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Le 12 août 1944, le capitaine de frégate Paul Chenailler, alias Morice, est nommé Commandant Militaire Départemental (C.M.D.) des F.F.I. du Morbihan en remplacement du commandant Bourgoin, chef du 2e R.C.P.
Deuxième quinzaine d’août 1944, profitant de la faible organisation française du côté droit de la Vilaine, les Allemands font des incursions en territoire libéré. Des attaques ont lieu sur le secteur des marais de Rieux au sud de Redon entre le 15 et le 23. Toujours le 23 août, une patrouille allemande d’une douzaine d’hommes traverse de nuit la Vilaine près de l’estuaire et se dirige jusqu’au plateau de Penn-Lann au sud de Billiers afin d’y récupérer des munitions. Après des combats au matin avec la 3e compagnie Lhermier du 1er Bataillon F.F.I. du Morbihan qui a deux tués, la patrouille allemande retraverse la Vilaine sans rien remporter.
Le 27 août 1944, le commandant Caro, alias Lecoeur, est mis à la tête du secteur Vilaine par le lieutenant-colonel Morice. Il devra avec ses troupes empêcher les incursions allemandes du côté droit de la Vilaine. Son secteur défensif s’étend de l’embouchure de la Vilaine jusqu’à Redon...
Les Allemands vont encore faire des incursions dans le secteur de Rieux jusqu’au 30 août 1944, se trouvant de plus en plus confrontés à des soldats du 8e Bataillon du commandant Caro. Il n’y aura plus d’attaque dans ce secteur pendant longtemps, il restera néanmoins pilonné la nuit par l’artillerie allemande. Un groupe de la compagnie Scordia du 8e Bataillon va même faire une incursion dans la Poche côté allemand le 4 septembre.
Les forces allemandes déclenchent le 14 septembre 1944 une attaque de grande envergure sur le front de la Vilaine. Deux groupes de combat totalisant environ 300 hommes traversent la Vilaine. Ils débarquent à 17h45 au Moustoir en face de Tréhiguier. Leur débarquement est soutenu par un barrage d’artillerie qui pilonne notamment les villages de Billiers et de Muzillac. Le groupe de F.F.I. de la 1ère compagnie du capitaine Georges Gougaud du 1er Bataillon F.F.I. du Morbihan qui tient ce secteur va perdre six soldats pendant l’attaque. Des soldats français sont envoyés de Vannes en renfort ainsi que des Américains en jeeps et auto-mitrailleuses. Les détachements allemands ne progressent que de 4 à 5 kilomètres vers Muzillac qui est évacué de ses habitants par précaution. Les Allemands incendient deux fermes et se retirent en fin de soirée. Personne ne connaîtra la raison de cette attaque ni le nombre exact des pertes allemandes.
Pour éviter qu’une attaque si importante ne se reproduise, de nouvelles troupes sont affectées au secteur de la Vilaine...
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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A droite, le capitaine de frégate Paul Chenailler, alias Morice, chef départemental des F.F.I. du Morbihan
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| La constitution de l'état-major français à Nantes |
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Dans la nuit du 7 au 8 septembre 1944 la mission « Shinoile » en provenance d’Angleterre est parachutée dans la Vienne sur le terrain « Pommard ». Elle est dirigée par le commandant Alain Willk, alias Temporal ou Villecourt, secondé par le commandant Maurice Barthelemy, alias Frontal. Cette mission est assistée du groupe Jedburgh du capitaine Philippe Ragueneau, du Captain américainPaul Cyr et du radio Christian Lejeune.
Le premier objectif de ces hommes formés en Angleterre est la mise sur pied d’une solide force française au sud de la Loire. Grâce à leur action le 14 septembre est créé le « 1er Groupement Mobile F.F.I. », sous le commandement du lieutenant-colonel Claude. Ce groupement vient prendre place face aux Allemands dans le Pays-de-Retz. Les soldats des quatre bataillons Patriarche, Ricour, Dominique et Rochecouste qui le composent sont respectivement issus des départements de Haute-Vienne, Vienne, Indre-et-Loire et Maine-et-Loire.
La mission « Shinoile » rejoint ensuite le 8 octobre 1944 le délégué départemental F.F.I. Chombard de Lauwe, alias Félix, à Nantes. Le général de Gaulle l’a nommé le 7 octobre colonel et commandant de l’ensemble des opérations dans la zone nord de la Loire. La mission « Shinoile » va l’aider à mettre sur pied l’état-major de commandement des forces françaises sur la Poche de Saint-Nazaire et à prendre contact avec l’état-major américain. Son chef, Alain Willk, s’exprime sur les difficultés rencontrées pour instaurer le commandement :
« La situation en France était alors assez confuse et il avait été convenu à Londres que la mission « Shinoile » choisirait elle-même ses propres objectifs en se portant là où sa présence se révélerait particulièrement nécessaire. Constatant que certains maquis locaux disposaient d'un armement léger, la mission Shinoile constitua dans la région de son atterrissage, un groupement F.F.I. de 800 hommes environ composé de deux bataillons comprenant chacun trois compagnies. Il fut appelé « 1er groupement mobile F.F.I. ».
D'informations reçues de Nantes il résultait, au même moment, que les Allemands occupaient, avec des effectifs importants, la zone de Saint-Nazaire autour de la base navale qu'ils y avaient installée, et qu'ils n'avaient devant eux aucune troupe organisée. Mouvement fut fait vers cette zone et le groupement s'établit sur la ligne Pornic-Paimboeuf. Malgré son manque d'expérience de la guerre et obtenant de Londres des envois d'armes significatifs, il sut, conformément à sa mission, maintenir les troupes allemandes de la Poche de Saint-Nazaire.
La mission Shinoile reçut de Londres le renfort de plusieurs dizaines de parachutistes et constitua de fait l'état-major de l'ensemble des forces françaises combattant devant la Poche de Saint-Nazaire au nord et au sud de la Loire et comprenant 10 000 hommes environ. Frontal et Ragueneau furent les artisans principaux de ce dispositif.
Cependant, des problèmes politiques vinrent, après un certain temps, empiéter sur la mission purement militaire du groupement. Le délégué départemental F.F.I. de la Loire-Inférieure fut même enlevé par des unités « concurrentes » avec lesquelles il fallut négocier sa libération. Dans ces conditions, je décide, en octobre 1944, de me rendre à Paris pour demander dans ma zone l'intervention de l'armée régulière.
C'est ainsi que le général de Larminat fut nommé commandant des Forces Françaises de l'Ouest. Les troupes établies devant Saint-Nazaire furent placées sous l'autorité du colonel Chomel auquel je remis mon commandement. »
Le général Edgard de Larminat évoque ce qu'il appelle les « intrigues F.F.I. » en Loire-Inférieure :
« Ceux-ci, de Loire-Inférieure, devant Nantes, de Poitou et de Vendée dans la pointe de Pornic au sud de la Loire, étaient de très bonne volonté et très convenables. Leurs chefs se chipotaient politiquement; le vrai, Chombart de Lauwe, était royaliste; l'autre, qui prétendait se mêler des affaires à titre de « chef de région », était communiste. C'était un Suisse allemand, cinéaste de métier, colonel F.T.P. Il se faisait appeler Michelin.
Il me suffit, à ma première prise de contact, de le convaincre en quelques mots de ce qu'il devait aller éprouver à la 1ère armée ses jeunes galons - il avait vingt-cinq ans et était très beau - pour que je n'en entendisse plus parler. Je ne crois pas qu'il ait fait une carrière militaire prolongée. Il y avait un troisième chef, Claude, qui commandait les Poitevins et Vendéens, et ne dépendait pas des deux autres. Il était d'ailleurs fort bien.
Là-dessus m'arrivèrent le colonel Chomel et sa brigade Charles Martel composée d'éléments de métier issus de l'armée de l'Armistice, venant de prendre part à la réduction de la brigade Elster, ce qui régla la question du front de Saint-Nazaire. »
Le colonel Michelin s’est même rendu de sa propre initiative au PC américain de la 94th Infantry Division le 6 octobre 1944. Il déclare alors au Major-General Malony qu’il a pris le contrôle des F.F.I. devant Saint-Nazaire. Le chef de la IVe région doit intervenir pour rétablir l’autorité du colonel Félix. Les Américains sont totalement rassurés lors de l’arrivée du colonel Raymond Chomel le 26 octobre.
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| Les Forces Françaises de l’Ouest (F.F.O.) face aux Poches de l’Atlantique |
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Le 14 octobre 1944 le général Charles de Gaulle, président de Gouvernement Provisoire de la République Française (G.P.R.F.) crée un commandement dit des « Forces Françaises en opérations sur le front de l'Ouest » (F.F.O.) qu'il confie au général de corps d'armée Edgard de Larminat.
Cinq secteurs, dits « secteurs de bataille », héritant de l'organisation empirique F.F.I. se mettent sur pied face aux différentes Poches allemandes de l’Atlantique : Poche de Lorient, Poche de Saint-Nazaire, Poche de La Rochelle, Poche de Royan et de la Pointe de Grave. Ici n'est pas prise en compte la Poche de Dunkerque.
Le 23 octobre 1944 les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’U.R.S.S. reconnaissent enfin le gouvernement du général de Gaulle comme légal. Le 27 octobre le général de corps d'armée de Larminat installe son Q.G. à Cognac et un Q.G. secondaire à Angers où il place le colonel Marchand qui devra pour les deux secteurs situés au nord de la Loire (F.F.M.B. et F.F.L.I.) assurer la coordination avec les troupes américaines. Il installe aussi un détachement de liaison à Paris pour les contacts avec SHAEF, EMGDN, EMG Guerre, EMG Marine, EMG Air.
Un nouveau changement d’organisation intervient le 21 décembre 1944. Le général de Gaulle donne son accord pour la division du front de l'Atlantique en deux zones :
- une zone nord (F.F.M.B. et F.F.L.I.), sous le commandement du général américain commandant la 94th Infantry Division relevant de l'autorité du 12th US Army Group.
- une zone sud (F.F.A.U., F.F.R.Y. et F.F.G.R.), sous le commandement du général français commandant les F.F.O., sous l'autorité du 6th US Army Group.
Le général de Larminat conserve dans notre secteur l'emploi tactique des forces et le commandement au niveau de l'organisation, mais la responsabilité des opérations incombe toujours aux Américains. C'est important, car aucune attaque d'envergure ne pourra être faite sans leur accord.
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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| L'arrivée de l'armée régulière avec la brigade Charles Martel |
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A partir du 11 novembre 1944 la Brigade Charles Martel venue de l'Indre rejoint le secteur pour venir renforcer les différents bataillons F.F.I. en position. Elle est commandée par le colonel Ghislain (son ancien commandant le colonel Chomel a été mis à la tête des F.F.L.I.) et composée du 32e R.I. (2 bataillons), du 27e R.I. (2 bataillons), du 17e Bataillon de Chasseurs à Pied, du 8e régiment de cuirassiers (5 escadrons), d'un détachement du train et d'une compagnie de transmissions.
Au nord de la Loire les bataillons F.F.I de Loire-Inférieure en ligne depuis plusieurs mois vont être progressivement relevés par l’armée régulière. De nouveaux chefs de sous-secteurs sont désignés. Les deux bataillons du 27e R.I. prennent place dans le sous-secteur de Fégréac maintenant commandé par leur chef le lieutenant-colonel Fox, tandis que le lieutenant-colonel Roger Le Trotter prend la tête du sous-secteur de Plessé. Le secteur centre de Saint-Etienne-de-Montluc est confié aux deux bataillons d’infanterie du 32e R.I. et au 17e Bataillon de Chasseurs à pied. Il est désormais commandé par le chef du 32e R.I. le lieutenant-colonel René Costantini qui resterera avec son unité dans ce sous-secteur, sans cesse au contact de l’ennemi. Au sud de la Loire c’est le 8e Cuir du chef d’escadrons de Beaumont qui vient renforcer les positions françaises.
("L'incroyable histoire de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
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