La construction du Poste Direction de Tir et l'Organisation Todt
L'Organisation Todt, le Mur de l'Atlantique et la Forteresse Saint-Nazaire
 
En octobre 1940, après la perte pour la Luftwaffe de la bataille d'Angleterre, la Kriegsmarine charge ses sous-marins de faire le blocus des îles britanniques. Pour protéger ces U-Boote lors de leur retour de mission, l’Organisation Todt reçoit la mission de construire des bases sous-marines dans les grands ports de Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice et Bordeaux. Les trois premières alvéoles de la base sous-marine de Saint-Nazaire sont inaugurées le 30 juin 1941 par le Vizeadmiral KarlDoenitz et le Dr. Fritz Todt. L’attaque allemande contre l’U.R.S.S. a commencé une semaine plus tôt.
Après l'entrée en guerre des Etats-Unis le 7 décembre 1941, l'état-major allemand confie une nouvelle tâche à l'Organisation Todt : construire un « mur de béton et d'acier » pour empêcher tout débarquement allié sur les côtes de l’Europe. Ce chantier gigantesque, s’étendant sur 4000 kilomètres du nord de la Norvège au sud de la France, est appelé Atlantikwall « Le Mur de l'Atlantique ».
La fortification des grands ports français contenant une base sous-marine est une priorité. Des bunkers sont partout en construction dans la région. Plus d’un millier sont construits en Loire-Inférieure. Si la majorité sont orientés vers la mer, une partie est construite à l'intérieur des terres pour la défense terrestre du port, dans un rayon de 10 kilomètres tout autour de la ville. La forteresse de Saint-Nazaire est en train de naître...

Le 19 janvier 1944, alors que le Feldmarschall Erwin Rommel est nommé inspecteur des fortifications, les grands ports de l'Atlantique sont élevés au rang de forteresses qui devront lutter jusqu'au dernier homme. Cette stratégie vise à empêcher les Alliés d’utiliser ces grands ports pour ravitailler leur troupes en cas de débarquement, de plus les bases-sous-marines devraient être le point de départ d’une nouvelle bataille de l’Atlantique, cette fois-ci avec les nouveaux U-Boote ultra-modernes qui sont en construction.
Un commandant de forteresse est nommé pour chacun de ces grands ports. A Saint-Nazaire, c’est le Generalmajor Maximilian Huenten qui est chargé d’organiser la défense. Il dispose pour servir sa forte artillerie de nombreuses unités de la Kriegsmarine et de troupes de forteresse retranchées derrière des champs de mines et protégées par une ligne de blockhaus impressionnante…

("L'incroyable histoire de La Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
 
 
 
La construction du Poste de Direction par l'Organisation Todt
 
Pour diriger le tir des canons et contrôler le trafic maritime entre Belle-île-en-Mer et Noirmoutier, la construction d'un Poste de Direction du Tir lourd type S 414 est programmée pour la fin de l'année 1942. Il sera installé sur le promontoire rocheux de la Dilane, à 16 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le cinquième niveau hébergeant le télémètre sera ainsi à près de 30 mètres de haut. La construction du gros œuvre commence le 22 octobre 1942 pour s'achever avec le camouflage le 8 février 1943. Les premiers travailleurs qui mettent en place le squelette métallique du bunker avec 125 tonnes de fer sont des ouvriers Nord-Africains, stationnés au Camp Africain II de la Salinière au Pouliguen. Ils vont être relayés par une centaine d’ouvriers travaillant pour deux entreprises du bâtiment allemandes, Zollner et Polansky, en contrat avec l’Organisation Todt.

Il y a un ouvrier français pour un ouvrier allemand, en général un homme plutôt âgé, mais pas de surveillants. Il leur faudra pas moins de 27 heures pour couler le béton liquide en trois étapes successives ! Auparavant une cinquantaine de menuisiers avaient travaillé pendant plusieurs semaines pour coffrer avec du bois l’ensemble du squelette métallique du bâtiment. Pendant le mois de mars et au début avril 1943 de jeunes français requis du Service du Travail Obligatoire et des entrepreneurs locaux payés par l'O.T. réalisent les travaux de finition comme le carrelage, la plomberie, l’électricité, l’habillage des murs avec du lambris...
Logés au Pouliguen à l’ancien camp africain, les jeunes français du S.T.O. sont amenés tous les jours en camion sur leur lieu de travail, sauf le dimanche. Cet ouvrage de 25 mètres de long sur une hauteur maximale de 17 mètres a nécessité 1800 m3 de béton, ce qui représente 300 camions toupies de 6 m3 ! Son espace intérieur est de 285 m², les murs donnant sur l’extérieur et les plafonds ont partout deux mètres d'épaisseur.

("Guide souvenir Le Grand Blockhaus - Musée de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
 
 
 
Neutralisation, pillage, démantèlement et déminage
 
Tandis que le bourg de Batz-sur-Mer est libéré, le Poste de Direction de Tir est pris en charge par les soldats français du 4e Régiment de Fusiliers Marins qui retirent ce qu'ils peuvent utiliser, notamment les six canons de D.C.A. français de 75 mm. Après leur départ, le blockhaus est pillé par la population civile qui récupère tout ce qui peut être utile : mobilier, tapis, boiseries, électricité, plomberie, rampes d'escalier... Tout ce qui ne peut être emporté sera détruit, seul le coffre-fort en béton de près de 300 kilos qui était au sous-sol reste en place. Dès le 12 mai 1945, le télémètre français de 4 mètres est abîmé, la population met le toit en bois factice par terre pour récupérer les matériaux qui le composent. Dans les mois qui suivent des prisonniers allemands ainsi que des munitions sont gardés dans le PDT par les fusiliers marins du 4e R.F.M. Sous le contrôle de cadres français, jusqu'en octobre 1945, les prisonniers allemands démantèlent toutes les batteries. Les matériels récupérés sont regroupés à la gare de La Baule avant de partir vers des centres de stockage. 1 500 prisonniers allemands, conformément aux prescriptions du protocole de la reddition de la Poche, effectuent aussi le déminage de la région.

("Guide souvenir Le Grand Blockhaus - Musée de la Poche de Saint-Nazaire" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)
 
 
 
 
 
 
Un soldat de l'Organisation Todt...
 
 
 
 
Une carte immense sur tissu retrouvée après guerre dans une villa...
 
 
 
 
Ce U-Boot nous rappelle que le Poste de Direction de Tir du Mur de l'Atlantique à Batz-sur-Mer faisait partie du dispositif de la Festung Saint-Nazaire.
 
 
 
 
Regard méancolique...
 
 
 
 
Une fresque murale comme il y en avait beaucoup sur le Mur de l'Atlantique...
 
 
 
 
Petit insigne de l'Organisation Todt...