La Protection du Poste de Direction de Tir
Pour contrer toute attaque aérienne
 

Pour contrer toute attaque aérienne, le PDT est protégé à partir de la mi-43 par six canons français anti-aériens de 7,5 cm Flak M 33/36 (f) sur roues placés en encuvements dans un rayon de 150 mètres autour de lui, trois de chaque côté. Le premier poste de télémétrie en encuvement face à la mer, utilisé en 1942 pour les canons sur rail, est réutilisé pour guider leur tir. De l’autre côté de la falaise, deux projecteurs de 60 et 150 cm peuvent aussi entrer en action en cas d’attaque nocturne. Enfin, pour une attaque rapprochée d’un chasseur par exemple, deux canons de 2 cm Flak 28 sont installés dans des encuvements rectangulaires de chaque côté de la route. L’un d’eux provient du toit du PDT où il avait été placé au moment de sa finition, avant que le bunker ne soit camouflé en maison.

("Forteresse Saint-Nazaire, La marine allemande face aux alliés" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)

 
 
 
Contre les autres types d'attaque
 

Contre une attaque maritime le blockhaus est protégé côté mer par une petite falaise de plus de dix mètres de haut ainsi que par une rangée de barbelés et de chevaux de frise. Son accès arrière, côté terre, est protégé par cinq Tobrouk pour mitrailleuse ainsi que par une casemate bétonnée type H 612 construite début 1944 pour abriter un canon de campagne de 7,5 cm FK (b). La route côtière qui mène au PDT est barrée et contrôlée de chaque côté. Son enceinte de protection, à l'intérieur de laquelle les quelques villas en place sont réquisitionnées, englobe les projecteurs, les encuvements anti-aériens et les défenses arrière.
Trois observatoires secondaires sont installés au sommet des églises de Batz-sur-Mer, d’Escoublac et de Piriac. Ils permettent d’effectuer un complément de triangulation.

("Forteresse Saint-Nazaire, La marine allemande face aux alliés" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)

 
 
 
Un nouveau numéro de point d’appui pour la batterie
 

Début 1943, compte tenu de l’augmentation du nombre de positions fortifiées dans le secteur côtier allant de la Vilaine à Pornichet et pour différencier la marine de l’armée de terre dont les points d’appui sont codés de Tu 1 à Tu 50, la batterie de Batz-sur-Mer autrefois codée Tu 18 reçoit le nouveau numéro Tu 301. Les deux autres points d’appui rattachés au secteur côtier de La Turballe qui reçoivent un numéro dans les 300 (Tu 300 et Tu 302) dépendent aussi de la 4./ M.A.A. 280.
Le point d’appui Tu 300 est situé à la pointe du Castelli au sud du port de Piriac. Cet endroit est assez inaccessible mais sa hauteur de 13 mètres constitue un bon point de vue. Cinq soldats de la marine appartenant à la batterie de Batz-sur-Mer armés de fusils Mauser et d’un pistolet mitrailleur sont envoyés tenir ce poste d’observation.
Le point d’appui Tu 302 (ex-Tu 19) est une batterie côtière située sur la côte sauvage du Pouliguen devant la baie des Marsouins. Elle est aussi tenue par un petit groupe de soldats détachés de la 4e batterie, composé d’un officier qui commande six sous-officiers et 38 hommes de troupe. Ces hommes servent quatre canons de 10,5 cm leFH 18M produits par l’usine Rheinmetall de Düsseldorf. Les canons sont placés dans des encuvements face à la mer. Les soldats disposent pour leur défense anti-aérienne d’un canon de 2cm Flak et d’un projecteur.

("Forteresse Saint-Nazaire, La marine allemande face aux alliés" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)

 
 
 
Quatre canons de 30,5 cm et un radar
 

Pour compléter la modernisation de la batterie il est prévu fin 1943 de remplacer les 2 canons sur voie ferrée de 24 cm d'une portée efficace de 18 km par 4 pièces de 30,5 cm SK L/50 Krupp d'une portée de 51 km ! L’Organisation Todt commence la construction d’énormes encuvements semi-circulaires avec soutes à munitions adjacentes. Ces canons auraient pu intervenir assez loin pour atteindre Belle-île et croiser leurs feux avec la puissante batterie de 34 cm du Bégot près de Quiberon.
Enfin, pour compléter cet ensemble défensif, courant 1944 un radar de recherche marine de type Seetakt FuMO 24 est apporté à Batz-sur-Mer. Il doit pouvoir assurer la conduite de tir la nuit ou par temps bouché, ce que ne peut pas faire le Poste de Direction de Tir. Bien que tous les éléments nécessaires soient apportés, le radar ne sera jamais monté et les pièces détachées resteront dans l’abri où elles avaient été stockées à leur arrivée. Ce radar aurait permis de repérer un navire ennemi jusqu’à 24 km. S’il avait repéré un objectif, le radar devait ensuite communiquer les informations de relèvement et de distance au PDT pour que ce dernier puisse effectuer les corrections éventuelles avant de donner l’ordre de tir aux canons.
Au moment du Débarquement en juin 1944 les canons de 30,5 cm sont encore en cours d'usinage en Allemagne, ils ne seront jamais livrés. Un seul encuvement pour 30,5 est vraiment terminé, un deuxième n'a que son socle en béton et son ossature métallique et aux emplacements des deux autres il n'y a encore que des fosses.

("Forteresse Saint-Nazaire, La marine allemande face aux alliés" par Luc Braeuer, Conservateur du Grand Blockhaus)